Biographie

Geneviève Gleize, graphiste en Avignon, poursuit, depuis ses études aux Beaux-Arts, un travail photographique qui a pour cadre les espaces abandonnés : friches industrielles, entrepôts, ateliers en sommeil qu’elle surprend dans leur intimité. Abordant avec respect ces lieux à l’apparence ingrate et que la vie semble avoir quittés, elle explore leur face cachée. Les fêlures d’un mur, les cicatrices d’un vitrage, refermées sur un passé inconnu, les traces de visiteurs de passage, les taches d’une lumière qui semble venir de nulle part deviennent, pour elle, sujets à photographier. Elle ne construit aucune mise en scène, laisse les éléments se révéler d’eux-mêmes, dans leur lumière naturelle. Traquant le graphisme d’ombres éphémères issues des structures du lieu, cherchant la couleur dans le vieillissement des matières et parfois dans le contraste avec l’extérieur, transformant l’accumulation de poussière, le décollement des enduits, la superposition de verres brisés en effets de matières, elle isole des détails qu’elle seule perçoit. Ainsi ses prises de vue réalistes deviennent photos abstraites offertes à l’imagination de chacun. Le tirage des œuvres sur un support industriel finalise sa démarche, et fait écho à ce passé qu’elle nous raconte à sa façon.
Fanny Toulemonde Avignon, le 21 avril 2010

© Ludovic Perez

 

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« Ce que la photographie reproduit à l’infini n’a lieu qu’une fois. » Roland Barthes

Les univers abandonnés sont porteurs d’une âme qui se manifeste au travers d’inscriptions sur les murs, de strates, de couches de poussière, d’ombres éphémères… Là, des hommes vécurent et leurs traces après eux les suivent, empreintes immobiles d’un temps révolu. J’observe et capte  sans mettre en scène. J’y recherche un langage personnel entre matière, ombre et  lumière. En isolant des détails, je propose une vision différente des réalités ordinaires dans lesquelles un instant poétique s’est révélé. Dans cet espace fragile non délimité, l’imaginaire de chacun peut y trouver ses propres références.